
Le Groupe de Coordination mélange des élu.e.s et des non élu.e.s. Ce groupe correspond aujourd’hui à une sorte de « Conseil municipal élargi ».
Actuellement il comporte 19 membres : 11 élu.e.s et 8 personnes non élu.e.s qui sont d’accord pour travailler au même titre que s’ils étaient conseillers municipaux. On s’est dit que c’était une grande chance de pouvoir bénéficier de toutes les forces en présence et que cela permettrait une meilleure répartition du travail.
Il nous a très vite semblé évident que les personnes « décisionnaires » devaient être également les personnes « engagées sur la durée avec une responsabilité » dans cette aventure , c’est-à-dire ceux qui sont référent.e.s d’une commission. On a donc défini dans un Schéma de Gouvernance que celles et ceux qui siègeraient au Groupe de Coordination seraient :
- les 11 élu.e.s pour la totalité de leur mandat (6 ans)
- les référent.e.s des commissions – 2 en binôme (élu.e.s et non élu.e.s pour un mandat d’un an renouvelable).
- les animateurs et les secrétaires du groupe (mandats de 6 mois renouvelables).
Schéma de Gouvernance :
Charte interne :

Pour nous inspirer d’autres expériences et recherches autour de la démocratie participative, nous allons régulièrement à la rencontre d’autres communes qui se sont lancées dans cette même aventure citoyenne. Trois membres de l’équipe de coordination municipale de Vaour se sont rendus à Chambéry en Savoie en mai 2023 pour les 4ème rencontres des Communes Participatives. Il y avait 124 participants venant de 41 communes ! Ces rencontres ont proposé plusieurs ateliers aux formats différents pour approfondir des thématiques, partager des expériences et préparer l’action. Cela nous encourage pour la suite !
A Chambéry, nous en avons profité pour interroger d’autres participants sur ce qui leur donnait de l’espoir dans leur expérience. Voici deux de leurs retours :
– « Personnellement, ce qui me donne de l’espoir pour l’avenir et de l’énergie pour continuer mon engagement bénévole, c’est le plaisir que j’ai à coopérer grâce aux règles de la gouvernance partagée. On bosse efficacement ET agréablement ! On prend au moins autant soin du chemin que de l’objectif à atteindre »
– « Être élue dans une commune participative est parfois compliqué, toujours chronophage. Pour autant, je suis sûre que cela fait partie et participe à une transformation de la société et que cela répond à des envies et besoins des citoyens dont je fais partie. Quand on voit comment sont prises les décisions à l’échelle nationale et la violence sociale qui en découle, mon espoir est dans le modèle différent que l’on met en œuvre, avec les tâtonnements d’un nouveau cycle ! J’espère que nous serons nombreux à en prendre conscience et à défendre une démocratie plus juste et plus directe pour la suite »
Collectivement nous sommes persuadés comme le dit l’adage que « Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ».
Historique de la démarche : Mais comment s’est-on retrouvé avec une liste citoyenne et participative à la mairie de Vaour ?
Octobre 2020
Il y a un an, en août 2019, plusieurs habitants de Vaour ont senti la nécessité d’ouvrir un espace de réflexion et de dialogue sur la manière dont nous voulions organiser la vie démocratique du village.Leur intuition de départ : la nécessité de renforcer la participation des habitants et la circulation de l’information au sein du village pour aller vers des prises de décisions plus collégiales.
« L’idée d’améliorer notre fonctionnement dans la gestion municipale a germé dans mon esprit au début du mandat précédent. Nous avions créé des commissions et avions du mal à les rendre “participatives”. En parallèle j’ai pris connaissance à partir de 2016 des formations organisées par Tristan Réchid sur la Démocratie Locale, inspiré des méthodes
d’Education Populaire. Après avoir organisé une formation de ce genre à Vaour, il nous est apparu évident que sur un petit territoire comme le notre nous pouvions mettre en place une organisation plus participative ! »
Cela s’est traduit par l’organisation d’une première Assemblée Citoyenne ouverte à tous autour de la question : « Que voulons nous pour notre village ? ». Une cinquantaine de personnes d’horizons différentes y ont participé. Six autres Assemblées Citoyennes, une par mois, ont été organisées dans la foulée avec toujours entre 25 et 40 personnes. En ’appuyant sur différents outils issus principalement de l’Éducation opulaire, ces assemblées ont permis de créer une dynamique de participation et de faire émerger des idées concrètes pour le village, autour de thèmes variés : « Social et Culturel », « l’Eau », « Services et activité économique », « Aménagement », « Résilience Alimentaire », « Gestion des déchets », « Enfance et Jeunesse »…
Le petit noyau moteur de cette dynamique citoyenne n’a cessé de s’étoffer au fil des mois, entraîné par ce souffle nouveau et l’enthousiasme d’inventer d’autres manières de travailler ensemble dans le village.Au début il n’était pas évident de savoir si cette dynamique allait déboucher sur la création d’une liste pour l’élection municipale ou si c’était juste une manière de revitaliser la démocratie locale. Finalement après de nombreux questionnements, il a été décidé qu’il fallait « aller au bout de la démarche » commencée avec les Assemblées Citoyennes : c’est-à-dire constituer une liste qui tenterait de proposer une organisation municipale plus participative et démocratique.
La liste « Vaour Citoyens » a été composée d‘un mélange de personnes dont certains étaient à l’origine de la démarche, quand d’autres l’ont rejoint seulement début 2020. Cela symbolisait bien l’objectif – mais aussi le défi – de ce nouveau fonctionnement : avoir une ouverture la plus large possible qui permette à chacun, habitants ou élus de prendre une place différente au fur et à mesure de cette aventure municipale.
Cette équipe souhaite que toutes les décisions importantes soient prises par consentement et non à la majorité, car le vote majoritaire ne tient pas compte des avis de ceux qui s’opposent, alors que le consentement induit une discussionau cours de laquelle on essaie de lever les objections.
Voici les premiers mots de la liste « Vaour Citoyens » à l’occasion du premier tour de l’élection, pour proposer une nouvelle manière de s’organiser :
Le fonctionnement de travail que nous souhaitons mettre en place est simple et invite chacune et chacun à participer à son rythme pour qu’habitants et élus travaillent ensemble.
Nous envisageons le rôle des élus comme garant de l’expression des points de vue du plus grand nombre et de l’implication des citoyens dans les décisions les concernant.
Nous utiliserons des méthodes qui facilitent une pratique collaborative où toutes les voix seront entendues. Cela se fera grâce à différents outils:
• Des réunions citoyennes pour échanger, s’informer, discuter, confronter les points de vue sur tout ce qui concerne la vie du village et le fonctionnement de la mairie.
• Des commissions thématiques de travail et de réflexion.
• Des informations régulières sur l’avancement des dossiers en cours. • Des consultations publiques pour les projets décisifs de la commune.Nous vous garantissons transparence, respect des différences et des opinions de chacun.
La liste Vaour Citoyens s’est présenté sans « tête de liste », et réellement sans savoir qui serait le ou la maire en cas d’élection favorable.Les résultats du premier tour de l’élection municipale, avec 10 élus sur 11 pour la liste Vaour Citoyen et 83 % de taux de participation, ont confirmé une réelle volonté de fonctionnement plus démocratique des habitants de Vaour.Après l’élection, un processus original et inventif, a été mis en place pour permettre la désignation du maire et des adjoints. Ce processus a été inspiré de la méthode de « l’élection sans candidat » et des modalités pour désigner l’équipe de coordination national au sein de l’association ATD Quart Monde.
Une réunion ouverte à tous ceux qui soutiennent la démarche a été organisée pour faire cette désignation. 35 personnes étaient présentes.
Par petits groupes choisis au hasard, les participants ont d’abord réfléchis aux questions :
– Comment envisagez-vous le partage des responsabilités et du travail entre le maire, les adjoints, le conseil municipal, les membres des groupes de travail et de soutien, et les citoyens ?
– Comment envisagez-vous le partage des indemnités allouées aux élus ?
Ces discussions ont permis de faire ressortir qu’il existait plein de niveaux d’engagement différents. Par exemple, il est possible d’assumer une grosse charge de travail au sein de la Liste Citoyenne sans forcément être visible, ni en position de responsabilité. Ou au contraire être adjoint et donc en position de visibilité et de responsabilité mais avec un temps limité pour travailler le fond des dossiers.
La réunion s’est poursuivie avec un tour de parole des 11 élus, où chacun à pu dire dans quel mandat il ou elle se voyait : maire, adjoint ou simple conseiller municipal.Dans une réunion précédente il avait été évoqué que ces rôles puissent éventuellement tourner au bout de 2 ou 3 ans.
Ensuite il y a un retour en petits groupes (différents des premiers) pendant lesquels chacun à pu partager qui il voyait dans quel rôle et pourquoi. La confidentialité et la bienveillance étaient deux conditions essentiels de cet étape.
Enfin chacun a voté à bulletin secret.
Le dépouillement a donné :
Maire : Jérémie Steil
Adjoint(e)s au maire : Catherine Samuel, Nathalie Mulet, Melvin Rocher
Conseiller(e)s communautaires : Nathalie Mulet, Melvin Rocher
Tous ont accepté ces responsabilités sous les applaudissements nourris !
En parallèle des ces désignations, depuis le premier tour, deux groupes se sont mis en place pour soutenir la nouvelle équipe municipale :
– Le groupe de travail : 22 personnes (dont les élus) qui se réunissent une fois par semaine pour travailler et faire avancer les dossiers du village et de la mairie.
– Le groupe de soutien : 50 personnes (dont le groupe de travail) qui se sentent disponibles pour donner des coups de mains occasionnels sur des projets de la mairie.
Par ailleurs des commissions thématiques se mettent en place pour travailler différents sujets précis : l’eau, la Communauté de Communes du Cordais et du Causse (4C), enfance/jeunesse, culture/asso…
Les deux groupes ainsi que les commissions thématiques sont ouverts à tous ! Venez les rejoindre.
En effet, malgré les doutes liés à cette période si particulière, la nouvelle équipe municipale a une certitude : « nous avons besoin de la sensibilité, des compétences et de l’implication de chacun et chacune des habitants de Vaour pour faire face ensemble aux conséquences des crises actuelles ».
Ce qui ce passe à Vaour n’est pas un cas isolé. Cet élan citoyen naissant, ce souffle démocratique s’étend sur plusieurs communes alentours et dans la France entière. Plus de 70 listes participatives et citoyennes ont été élues, dans des communes de toutes les tailles, dont Strasbourg, Poitiers, Dieulefit, Penne,…
L’aventure est lancée !
Interview de Claire Davienne, élue, co-référente de la commission Gouvernance et Communication Interne.

– Peux-tu nous en dire plus sur cette idée de « consentement » ?
Un des principes de notre fonctionnement, c’est que l’on prend toutes nos décisions au consentement. C’est-à-dire que si quelqu’un.e n’est pas d’accord, il/elle formule une objection qu’on cherche à lever collectivement, par de nouvelles propositions plus ajustées, plus fines, jusqu’à atteindre une décision qui sera acceptable par toutes et tous et donc à laquelle chacun.e « consent ».
– Au cœur du fonctionnement du groupe, il y a donc le Groupe de Coordination ? Peux-tu nous en dire plus ?
Pour comprendre comment ce groupe s’est créé, il faut revenir au début de cette aventure avec la liste citoyenne. Plusieurs personnes étaient prêtes à s’engager et à travailler de façon assez importante dans cette équipe municipale mais ne souhaitaient pas forcément mettre leur nom sur la liste pour l’élection pour diverses raisons personnelles. D’autres étaient d’accord pour avoir leur nom sur la liste tout en étant conscients que leur temps d’engagement serait plus limité. Assez vite, on s’est rendu compte qu’on était un groupe de vingt personnes prêtes à s’engager à des niveaux différents.
C’est là qu’est venue l’idée de créer ce Groupe de Coordination qui mélange des élu.e.s et des non élu.e.s. Ce groupe correspond aujourd’hui à une sorte de « Conseil municipal élargi ».
Actuellement il comporte 19 membres : 11 élu.e.s et 8 personnes non élu.e.s qui sont d’accord pour travailler au même titre que s’ils étaient conseillers municipaux. On s’est dit que c’était une grande chance de pouvoir bénéficier de toutes les forces en présence et que cela permettrait une meilleure répartition du travail. C’est parfois fastidieux de décider à aussi nombreux, mais grâce à notre Schéma de Gouvernance, on a vraiment progressé dans la prise de décision. Au quotidien, on s’aperçoit que l’avis des un.e.s et des autres affine les prises de décisions, car chacun.e apporte son regard, son expertise et sa compréhension des problématiques.
Il nous a très vite semblé évident que les personnes « décisionnaires » devaient être également les personnes « engagées sur la durée avec une responsabilité » dans cette aventure , c’est-à-dire ceux qui sont référent.e.s d’une commission.
On a donc défini dans ce Schéma de Gouvernance que celles et ceux qui siègeraient au Groupe de Coordination seraient :
– les 11 élu.e.s pour la totalité de leur mandat (6 ans)
– les référent.e.s des commissions – 2 en binôme (élu.e.s et non élu.e.s pour un mandat d’un an renouvelable).
– les animateurs et les secrétaires du groupe (mandats de 6 mois renouvelables).
Il y a actuellement 9 commissions et dans chaque commission, il y a 2 référents qui peuvent être élu.e.s ou non.
– Comment se renouvellent ces référents de commissions ?
Chaque année, la commission Gouvernance, dont je fais partie, revient vers les référents pour leur demander : Est-ce ce que vous souhaitez poursuivre votre mandat ? Est-ce que quelqu’un.e d’autre dans votre commission souhaite prendre cette responsabilité et donc intégrer le Groupe de Coordination ?
En sachant qu’on a défini qu’il fallait avoir participé pendant au moins un an au travail d’une commission avant de pouvoir en devenir référent, tout habitant ayant intégré une commission et qui au bout d’un an souhaite devenir référent de la commission peut en faire la demande. Ce choix se fait collectivement au sein de la commission. Le ou la nouvelle référente intègre alors le Groupe de Coordination.
Les membres du Groupe de Coordination essaient de faire remonter ce qui se dit dans les commissions. Il y a un lien vivant entre les commissions et le Groupe de Coordination.
7 commissions sont ouvertes à tous les habitants ! N’hésitez donc pas à contacter les référents de ces commissions pour en savoir plus sur leur travail ou les rejoindre ! Vous trouverez le contact de chacun d’entre eux dans une feuille glissée dans ces Echos.
– A quel rythme se retrouve le Groupe de Coordination ?
Il se réunit au minimum une fois toutes les deux semaines, et plus si besoin.
– Ces réunions sont-elles ouvertes à toutes et tous ?
Oui, des personnes extérieures au groupe peuvent venir en observation aux réunions en se signalant à l’avance.
Par ailleurs, les compte rendus sont rendus publics (sur les panneaux d’affichage, à la mairie dans un classeur en version papier, et sur le site www.vaour.fr). On affiche aussi les dates et horaires des réunions des commissions sur le panneau devant la mairie.
– Peux-tu nous dire en quelques mots ce qu’est la démocratie participative et une liste citoyenne ?
J’aime cette définition : « La démocratie participative désigne l’ensemble des dispositifs et des procédures qui permettent de favoriser l’implication des citoyens dans la vie politique et d’accroître leur rôle dans les prises de décision ».
Et « une liste citoyenne » telle qu’on l’a créée à Vaour, c’est une équipe mêlant élu.e.s et citoyen.ne.s qui tentent de mettre en place une gouvernance partagée, la plus horizontale possible, au service de la construction d’une démocratie vivante. L’objectif c’est de « replacer l’habitant au cœur des décisions politiques, au service d’un bien-vivre-ensemble respectueux de l’humain et de son environnement.»
Cela tente de répondre à deux dérives majeures du fonctionnement classique d’une municipalité : l’accaparement du pouvoir par quelques élu.e.s et la faible implication des habitants dans la vie de la commune.
Au quotidien, cela ne peut pas être : tout le monde décide de tout, tout le temps… En tant qu’équipe, on a pris le temps de se former avec Tristan Rechid, qui avait participé à l’aventure citoyenne à la mairie de Saillans dans la Drôme (première liste citoyenne en France). A cette occasion il nous disait : « Il faut accepter et assumer des endroits de verticalité dans l’horizontalité, et le fait que des personnes qui ont été désignées peuvent avoir un périmètre de décision autonome. »
– Comment avez-vous avancé sur cette question ?
En fait, tout ce qui concerne notre cadre et nos règles pour permettre la mise en place de ce projet s’est fait en travaillant un « Schéma de Gouvernance » (sur les conseils de Tristan Rechid). C’est un document de référence, définissant les principes de base pour arriver à un fonctionnement fluide, efficace et démocratique.
En effet, décider collectivement cela peut parfois être fastidieux et compliqué. Or, on ne peut pas passer tout notre temps à essayer de se mettre d’accord sans qu’aucune décision ne voit le jour et sans qu’aucun projet ne puisse se réaliser… Le cadre et les règles que nous mettons en place nous aident à atteindre une certaine efficacité dans nos prises de décision.
Avant d’avoir ce Schéma de Gouvernance, on se demandait en permanence si on était légitimes à faire telle ou telle chose. On n’osait pas faire certaines choses parce qu’on pouvait avoir peur de faire une « prise de pouvoir » sur le groupe… Et le fait de nommer des référents avec des engagements précis (une durée de mandat, un périmètre de décision…), cela les rend légitimes, et finalement cela permet de libérer de l’énergie. A partir de la connaissance de qui fait quoi, on a pu renforcer des relations dans la confiance.
Pour bâtir ce Schéma de Gouvernance, on s’est inspirés de ce qui s’était fait dans d’autres endroits en France, de formations à la démocratie participative que plusieurs d’entre nous avaient suivies, et de la formation en interne dont nous avons bénéficié avec Tristan Rechid de Saillans.
A l’issue d’un travail qui a duré plusieurs mois, la commission Gouvernance a fait des propositions au Groupe de Coordination. Puis, avec la prise de décision au « consentement », nous avons pris le temps de lever toutes les objections qui pouvaient exister, adapter les propositions jusqu’à ce que chacun.e valide le schéma en disant : je suis OK pour ce fonctionnement.
– Peux-tu nous préciser l’articulation entre le Conseil municipal, le Groupe Opérationnel et Groupe de Coordination ?
On a senti ensemble, au fur et à mesure, quel genre de sujets devait être soumis à la validation du Groupe de Coordination. Ce sont les points plus sensibles, plus engageants pour le village, les projets plus vastes, avec plus d’enjeux pour l’avenir,…
Le Groupe de Coordination est l’organe central de notre fonctionnement. C’est ici que sont centralisées les informations et où les décisions importantes sont prises.
Après, au niveau légal, un certain nombre de décisions, notamment administratives, sont soumises au vote du Conseil municipal. Notre principe est que ces décisions sont validées en Groupe de Coordination au consentement, puis votées par le Conseil municipal. Ce dernier ne se réunit pas à date fixe, mais quand il est nécessaire.
Enfin, ce qui relève des affaires courantes et quotidiennes et qui n’a pas besoin d’expertise élargie est décidé par le Groupe Opérationnel. Celui-ci est composé du maire, des adjoints et de la secrétaire de mairie, qui sont plus au jour le jour à la mairie. Ils se retrouvent toutes les semaines à horaire fixe et ont beaucoup d’échanges quotidiens. Certains membres du Groupe de Coordination participent à tour de rôle au groupe opérationnel pour s’imprégner du quotidien de la mairie.
Depuis un peu moins d’un an nous avons aussi mis en place l’Observatoire de la Démocratie et de la Participation.
Avec 7 membres, il s’inscrit dans la démarche de démocratie participative. L’Observatoire ne se prononce pas sur les choix, les projets et dossiers traités par la municipalité. Il se prononce sur la méthode et plus précisément sur la démarche participative et donc démocratique de la municipalité. Son rôle est encore en train de s’affiner.
– Comment se déroule une réunion du Groupe de Coordination ?
On a un ordre du jour collaboratif en ligne, que chaque membre du groupe de coordination peut alimenter à n’importe quel moment, en prévision de la prochaine réunion avec les points qu’il ou elle souhaite traiter. Pour aller à l’essentiel, on classe en début de réunion, ces points en trois catégories :
- les informations : qui ne nécessitent pas de discussion.
- les consultations : où on discute sans prendre de décision ce jour là.
- les décisions : où on espère qu’une décision sera prise pendant la réunion, même si parfois on se rend compte que la prise de décision n’est pas mûre et on la reporte à une prochaine réunion.
Puis, on traite les points en prenant les décisions au consentement.
– Peux-tu nous préciser le rôle de ta commission, Gouvernance et Communication Interne ?
Notre commission Gouvernance est garante que le Schéma de Gouvernance soit respecté. On essaie aussi de faire le suivi du partage des comptes-rendus. Dès qu’on sent qu’il y a des incompréhensions ou des conflits, on cherche à ouvrir des espaces d’écoute et de dialogue. On incite chaque membre du Groupe de Coordination à travailler en binôme pour qu’il y ait plus de partage d’informations et de travail. On propose aussi aux membres du Groupe de Coordination des temps de formation, de bilan et des moments de respiration pour nourrir la vie de groupe. Pour que le lien et la confiance puissent continuer à se renforcer.
A travers ce projet municipal, nous sommes engagés dans une aventure humaine qui nous pousse à travailler sur nous-mêmes, à nous remettre en cause… parce que si on veut avancer ensemble en prenant chacun.e en compte, on est obligé de passer par des moments où l’on peut être bousculé par les attitudes des uns et des autres. C’est vraiment un lieu de transformation personnel et collectif !
Pendant les temps de bilan, nous proposons de prendre un peu de recul, parfois de manière ludique. C’est important que chacun.e puisse grandir à travers cette aventure collective, que chacun.e y trouve son compte et puisse donner le meilleur de lui-même.
Globalement, ce groupe est vivant et dynamique, même si le travail est permanent. Composé de personnes différentes, de tous âges, hommes, femmes, certain.e.s qui habitent le village depuis 30 ou 40 ans, d’autres depuis 2 ans. Régulièrement on se redit que c’est bien cette diversité et ce nombre qui permet de tenter d’être pertinents !
La commission Gouvernance est aussi très attentive à la manière dont nous continuons de récolter les avis d’un maximum d’habitants du village. Nous avons relancé la première Assemblée Citoyenne en avril dernier.
– Autre chose à ajouter ?
Oui, pour synthétiser les principes et les façons de faire qui vont nous permettre de vivre ce projet, nous avons consigné nos valeurs dans une Charte. Celle-ci définit les principes relationnels qui nous permettent de travailler au mieux ensemble.
Cette Charte a été signée par tous les membres du Groupe de Coordination et elle est portée à la connaissance de toutes celles et ceux qui participent au travail d’une commission.
Cette Charte nous sert aussi de référence de base en cas de conflit interne au groupe.
Si une personne du Groupe de Coordination ou d’une commission a un comportement qui est trop éloigné de la Charte, on peut lui demander collectivement de sortir du groupe.
– Enfin, pourrais-tu nous dire pourquoi à titre personnel tu participes à cette aventure municipale ?
Parce que je suis passionnée par la recherche de nouvelles façons de faire ensemble grâce à l’intelligence collective !
Cela fait écho à la définition de la démocratie participative dont je parlais au début.
Nous sommes encore dans une société patriarcale, hiérarchisée, où les un.e.s exercent le pouvoir sur les autres… Et je suis convaincue que pour sortir de l’impasse dans laquelle est notre société, il faut sortir de ce schéma, de cette vision où les uns dominent les autres… Pour moi, un des chemins à chercher, c’est : comment on fait ensemble avec plus d’horizontalité, même si on assume des endroits de verticalité ? Comment on ouvre des espaces où la parole de chacun.e compte ? Où chacun.e apporte quelque chose au groupe et où on essaie de sortir des relations de domination ? Cela fait partie des choses dans lesquelles je crois pour créer un autre chemin, plus fertile, plus subtil, un monde qui respecte plus l’humain et le vivant !

